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Trail stories

« Ma diagonale des fous 2019 »

Raconté par le journaliste Christian Furling article paru dans la voix du Nord du 10/11/2019.

À La Réunion, « j’ai tutoyé les anges »

Préparation !

L’envie de la Diagonale des Fous est née lors d’une soirée rougail-saucisses chez un collègue. « Jérémy, qui l’avait déjà bouclée, il nous a fait rêver. Quelques-uns ont décidé de s’inscrire. Moi je pensais faire un petit trail, la Diag’ c’était trop dur pour moi. 9 600 m de dénivelé positif, c’était l’Éverest pour moi. Mais je me suis laissé entraîner. On s’est inscrits le 18 décembre 2018 ».

Commence une préparation très stricte et progressive. « On s’est entraîné au mont Saint-Aubert, en Belgique, et sur les terrils ; on les montait et descendait pendant trois heures. On nous appelle les hamsters ». Ensuite, vacances d’été à Gap et en Corse pour « manger» de la montagne. Quatre semaines avant la course, avec six collègues et amis, place à un « week-end choc ». « On a couru trois jours de suite, avec nos sacs de 5 kg. On a avalé 115 km et 8 300 m de dénivelé ».

« Comme un rêve »

« Ça a été ma plus belle course, comme un rêve ». Pour l’ambiance, d’abord. « Pour les Réunionnais, la Diag’, c’est comme le Tour de France ; c’est l’euphorie dans l’île pendant trois jours… Je me suis fait déborder par l’émotion des créoles qui nous ont encouragés tout au long de la route, on avait l’impression d’être Bernard Hinault… » Sans oublier la solidarité entre coureurs, les liens intimes qui se créent au fil des longues marches. En outre, les Réunionnais (la moitié des 2 800 participants) conseillent les néophytes.

Une course de rêve, ensuite, pour les paysages parcourus, grandioses et sauvages. « J’ai l’impression d’avoir traversé cinq continents, tant les paysages sont variés ». Depuis la mer au sud et une chaleur tropicale jusqu’aux forêts des monts volcaniques, à 0º C. Une course de rêve parce que ma famille m’a encouragé dans la première partie du parcours et l’a accueilli à l’arrivée. Parce que j’ai vécu l’intense satisfaction de terminer et que mon corps a moins souffert que je le craignait.

Une aventure intérieure

Pour parvenir à rallier l’arrivée, il faut avoir un mental à toute épreuve. « Les douleurs arrivent au bout de 80 km. Mais comme on les connaît, on arrive à les gérer ». Rien de trop méchant sur cette Diagonale, si ce n’est une crise d’hypoglycémie en voulant suivre un groupe dans une montée. Au-delà, « il faut visualiser les étapes du parcours, le fractionner, chaque pas compte ; et je me projetais sans cesse l’image mentale de mon arrivée, entouré de ma femme et de mes enfants ».

Une aide précieuse au moment de plonger dans le cirque de Mafate. Soit dix heures sans lumière hormis la frontale, seul sous les étoiles, coupé du monde puisqu’aucune route ne conduit jusque-là. « Il y a énormément d’abandons avant la descente dans le cirque ». Lui s’y est livré. Contemplatif, il a pris des photos et le temps d’admirer la nature. « La fatigue du corps aidant, on se met à réfléchir, l’esprit lucide. J’ai pensé à des gens décédés. C’est un voyage intérieur, spirituel. Je me sentais poussé par ma mère, décédée brutalement il y a quelques années, j’ai tâché de savoir si j’avais fait mon deuil ».

Les bonus

Finalement, j’ai passé la ligne d’arrivée comme dans mes rêves, entouré par les miens. Le premier bonus, ce furent quinze jours de vacances avec la famille à La Réunion. Le second bonus a résidé dans l’accueil surprise et triomphal de ses amis des Foulées de Bondues et de Décathlon, en gare Lille-Flandres.

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